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L’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA) fête cette année ses 10 ans au service de la cyber-sécurité.
 
« 10 ans de cyber-sécurité en Europe….et au-delà ! » Plus d’une centaine de participants du secteur public et privé se sont retrouvés  le 1er octobre pour célébrer l’événement  dans les locaux de la Représentation de l’Etat libre de Bavière auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Parmi les thèmes abordés : Le rôle de la cyber-sécurité comme catalyseur économique ; Comment sécuriser les nouvelles technologies ? ; La cyber-sécurité en Europe : Réalisations et défis.
 C’était également l’occasion d’ouvrir la  3ème édition consécutive du Mois européen de la cyber-sécurité (ECSM), une initiative de l’ENISA en coopération avec la Direction générale CONNECT de la Commission européenne. Neelie Kroes, Commissaire européenne au digital, a déclaré au sujet d’ECSM : « (…) Dans le domaine de la cyber-sécurité, il est de notre intérêt commun d’être bien plus réactifs et résilients face aux cyber-menaces (…). Chacun de nous a un rôle à jouer dans le défi de la cyber-sécurité : chaque citoyen, chaque entreprise, chaque gouvernement. Donnons à l’utilisateur les moyens de devenir un cybernaute responsable ».
 
Impliquer le citoyen était au cœur du débat mené par François Thill, responsable CASES, membre du conseil d’administration de l’ENISA et coordinateur des activités ECSM pour le Luxembourg. François Thill, CASES
 
Le Luxembourg est l’un des pays pilotes en Europe quant à la sensibilisation grand public aux bonnes pratiques des technologies de l’information. Les initiatives telles que CASES, CIRCL et BEE SECURE ont commencé à émerger au Grand-Duché il y a une bonne dizaine d’années déjà. Elles sont aujourd’hui coordonnées par « Security made in Lëtzebuerg » (SMILE), le groupement d'intérêt économique qui a été mandaté en 2010 par le ministère de l'Economie pour renforcer la sécurité de l'information au Grand-Duché de Luxembourg. CASES, CIRCL et BEE SECURE ont pour mission de développer le niveau de savoir-faire de la population en matière d’Internet, en démocratisant les informations, les méthodes et les connaissances existantes. Leur objectif ultime est de faire bénéficier les utilisateurs des opportunités que livre l’Internet dans un climat de confiance et de résilience par rapport aux risques.  
 
La table ronde a rassemblé des experts de l’industrie (Microsoft et Intel), ainsi que des représentants du « EU Code week », « EU Kids online », et de la « Grande coalition pour l’emploi numérique ». Comment sensibiliser le citoyen européen? Pourquoi est-il si difficile de promouvoir la sécurité de l’Internet ? Comment engager les différentes générations, de la petite enfance aux personnes âgées ? Quels moyens pour rendre les citoyens aptes à s’impliquer ?... Voici quelques-unes des questions posées par M. Thill pour initier la discussion. Le partage d’expériences a livré les pistes suivantes :
 

Respecter les différents niveaux de connaissances

Le public s’implique à condition que l’on sache offrir des informations adaptées aux différents niveaux de connaissance. Il s’agit à la fois de prendre en compte les ambitions et contextes divers des citoyens et de créer de nouvelles compétences, aussi bien parmi le public cible, que parmi les professionnels spécialisés comme ceux de la communication, de l’enseignement ou encore de la recherche. L’Internet rassemble toutes les catégories sociétales et professionnelles : « Il nous faut développer des modèles de pensées et des compétences nouvelles, et ce à tout niveau », a souligné Claire Vishik, Intel - Trust & Security, Technology & Policy Director.
 

Opter pour un message unique et donner le temps au temps

« Impliquer le citoyen sur la durée, c’est d’abord être en mesure de véhiculer des informations claires et simples » a déclaré Jacqueline Beauchere, Chief Online Safety Officer Microsoft. Cinq ans d’expérience à la sensibilisation des citoyens américains ont montré à cette représentante de l’alliance nationale pour la cyber-sécurité (NCSA), que stimuler la participation du public prend du temps et se fait petit à petit. Pour elle, il s’agit avant tout d’œuvrer à établir en amont des partenariats public-privé capables de véhiculer un message global. Une organisation, une entreprise ou un gouvernement qui réussissent à s’allier verront de meilleurs résultats : la solidarité attire la confiance des utilisateurs. 
 

Le digital, c’est fun

Tous les représentants se sont accordés sur la nécessité d’accompagner le développement de compétences, dans un cadre sécurisé, dès l’âge où un enfant est confronté aux outils informatiques (dans nos sociétés souvent vers l’âge de 4 ans) ; d’inclure l’éducation aux nouvelles technologies tout au long du cursus scolaire et de développer les filiales spécialisées. Un effort de promotion devrait se faire au  niveau de la formation continue, non seulement des personnes dans la vie active, mais également de la population en général : avec Internet, les frontières d’âge et de genre disparaissent…
 
 « La clef pour stimuler la curiosité et la compréhension de la Toile, c’est de se lancer dans la programmation. Le « coding » n’est pas sorcier et loin d’être rébarbatif ! » a affirmé Wendy Vermoesen, ambassadrice belge du « EU Code Week », pour qui le langage informatique est la porte d’entrée à une manière nouvelle de penser, cruciale pour le citoyen de l’ère digital. Il permet d’acquérir la créativité et la flexibilité nécessaire pour évoluer avec notre société en constant changement. Dans ce contexte, Sofie Vandoninck, KU Leuven et représentante du « EU Kids online », a souligné l’importance du partage d’expérience entre groupes de pairs. « Nous encourageons les parents à se remettre en question et à parler de leur apprentissage à d’autres parents et citoyens ». L’Internet ce n’est pas seulement  un réseau virtuel : il relie des personnes bien réelles et peut donner naissance à une communauté intéressante. Les réponses se trouvent plus facilement ensemble !

Neelie Kroes, Commissaire européenne

Un secteur professionnel prometteur

« Les métiers du digital représentent un secteur en très forte croissance. Nous constatons déjà actuellement une importante pénurie de ressources», a expliqué Jonathan Murray, directeur « Digital Europe » et représentant de « la Grande coalition pour l’emploi numérique. Selon lui, l’implication du citoyen passe par la prise de conscience que le numérique est source prometteuse d’emplois.
 
 « Impliquer le citoyen » : cela consiste à la fois à sensibiliser le public aux bonnes pratiques courantes, mais également à lui donner les moyens de mieux gérer la complexité et les opportunités de l’Internet.  « Un citoyen informé et apte à se remettre en question sera d’autant plus motivé à comprendre les enjeux d’Internet et à s’engager dans l’utilisation des nouvelles technologies. Dans ce cadre, l’ENISA est appelée à jouer un rôle fondamental en tant que médiateur européen entre parties prenantes, publiques et privées » a conclu François Thill.
 
Pendant le Mois européen de la cyber-sécurité, l’ENISA donne des recommandations pour 5 domaines différents : la formation des employés, la protection de la sécurité et les mises à jour des PC, la programmation (« coding »),  les exercices de cyber-sécurité, les données privées en ligne. Cliquez ici pour en savoir plus.
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Autres liens :
Sujets traités pendant le Mois européen de la cyber-sécurité.
Activités des pays membres du Mois européen de la cyber-sécurité.